jeudi 10 novembre 2011

dessiner avec le cerveau droit

J'ai longtemps pensé qu'il fallait apprendre :
- la morphologie pour faire du "modèle vivant" ou du portrait ;
- la perspective pour faire de la nature morte, du paysage urbain etc.

Puis j'ai commencé à douter quand j'ai lu le livre de Betty Edwards "dessiner avec le cerveau droit".
J'ai alors décidé de "court-circuiter" mon cerveau gauche et de demander à mon cerveau droit de me guider. J'essaie maintenant de dessiner "ce que je vois" et non "ce que je sais".

Pour brancher très rapidement le cerveau gauche, les exercices "à main contrariée" ou "espaces négatifs" sont très utiles.

Une fois la perspective et la morphologie comprises dans ses termes généraux, on peut l’abandonner. En effet, il suffira de voir à la manière du peintre sans avoir recours ni à la perspective ni à la morphologie.


Voici un exercice qui permet de basculer dans le mode cerveau droit
Choisissez une chaise ou un tabouret pas une photographie.
Assurez-vous de disposer de 30mn au moins sans interruption. 
Installez-vous dans la position normale de dessin, 

Votre tâche consiste maintenant à dessiner sans lever le crayon pour s'obliger à se concentrer pour "brancher" son crayon directement sur son oeil sans passer par le cerveau.
Vous ne pouvez pas commencer le dessin par où vous voulez. Vous devez impérativement  débuter par la partie la plus proche de vous. 
Puis vous dessinez toutes les formes des plans successifs en promenant votre crayon très lentement sans corriger ni revenir sur le tracé même en cas d'erreur.
Les formes négatives ou positives vont s’assembler à la manière des pièces d’un puzzle. Vous n’avez aucune question à vous poser au sujet de la chaise. En fait, vous n’avez pas à penser du tout à la chaise.

Cette concentration est nécessaire pour reproduire plus fidèlement les proportions.
Vous devez privilégier le dessin des espaces, l’un après l’autre. Vous devez dessiner tous les espaces extérieurs puis tous les espaces intérieurs, ou vice versa.
 Et ne vous demandez pas pourquoi tel côté d’un espace se dispose de telle manière. Dessinez simplement ce que vous voyez.  





- un seul trait pour figurer le contour en s'interdisant de le corriger ;
- absence d'ombre et de lumière pour représenter le monde réel 3D sur une surface picturale en 2D.
- la perspective est essentiellement rendue par le chevauchement (lorsqu'une forme en chevauche d'autres, les formes partiellement cachées semblent être à l'arrière plan).
- c'est pourquoi le trait commence par l'objet le plus proche du dessinateur ; puis les objets au second plan sont dessinés d'un seul trait en prenant un soin extrême dans la représentation fidèle de la perspective dite à chevauchement ou recouvrement (la superposition des éléments représentés par plan).

Les deux images ci-dessous du bédéiste Moebius ( Jean Giraud) illustrent assez bien cette manière de dessiner